Retour sur les Journées Nationales de la Lumière 2014

 LOGO JNL 2014Les journées Nationales de la Lumière (JNL) 2014 se sont déroulées à Nantes les 22 et 23 septembre. Organisé par l’AFE (Association Française de l’Éclairage), il s’agit du rendez-vous bisannuel incontournable pour les acteurs de l’éclairage extérieur. Cette année le thème était « La transition éclairagiste au cœur de la transition énergétique. » (En savoir plus…)

La présente publication est un compte-rendu de l’évènement. Il présente une sélection d’idées fortes, de visions d’experts et de tendances générales émergents du congrès.

 

 Constats, visions, tendances générales

 

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C’est le taux de renouvellement de l’éclairage public en France.

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En continuant sur cette base, avec des produits 50% plus efficaces il faudrait 45 ans pour tenir le facteur 2 (division par 2 des émissions de gaz à effet de serre en France) sachant que l’objectif actuel est le facteur 4.

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Le parc d’éclairage public Français est vieillissant, le rythme des opérations de rénovation est trop lent.

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Les nouvelles technologies et la gestion intelligente de l’éclairage deviennent accessibles par les promesses de performances et de prix.

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La gestion de l’éclairage permet un processus d’optimisation permanente pour correspondre au plus juste à l’évolution des besoins.

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Il faut informeréduquerformer, démystifier les nouvelles technologies.

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Le contexte économique est défavorable, des solutions de financement sont à mettre en place.

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Aujourd’hui la plupart des projets sont lancés dans le seul but de satisfaire les enjeux énergétiques tout en générant des économies sur la consommation et le fonctionnement.

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Les solutions qualitatives créent de la valeur. De même que la mise en place de normes et certifications reconnues, elles permettent de protéger et sécuriser le marché.

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Les métiers de la conception (dont l’éclairagisme) sont une force nécessaire pour un éclairage juste, cohérent, réfléchi, différent, durable et affirmant la « French touch. »

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Au service de tous, la lumière n’est pas qu’une histoire de lux et d’économies d’énergie potentielles. Il est nécessaire d’aller au-delà…

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L’avenir de l’éclairage se situe dans les solutions intelligentes. Elle semblent en revanche inaccessibles pour les communes rurales. Aussi, l’usager attend de pouvoir interagir avec la lumière comme il le fait au quotidien avec son environnement or aucunes solutions n’existent actuellement.

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La maintenance est la clé de la pérennité d’une installation, d’autant plus si elle est intelligente. Aussi, les questions liées à la maintenance préventive des installations LED semblent être sans réponses pour les maîtres d’ouvrages.

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Des « trames noires » à l’extinction de l’éclairage, l’obscurité est plus que jamais d’actualité.

 

Entrons dès à présent dans les détails…

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Discours d’ouverture de Michel Francony (Président de l’AFE) (crédit image : AFE)

 

TECHNOLOGIE

LED

  • Technologie fiable et mature.
  • Course est lancée vers des solutions qualitatives.
  • L’augmentation de la pénétration des LED permet une réduction des prix.
  • Les produits de demain sont les solutions connectées (dont Lifi etc.).
  • De nouvelles fonctions associées aux luminaires sont à trouver. Elles doivent correspondre aux nouveaux usages et pratiques de l’espace public.
  • Les solutions LED ne sont viables que si associées à une intelligence.

Freins à la généralisation des solutions LED, craintes et frilosités à considérer :

  • Émergence d’un nouveau problème révélé par les LED : la foudre. Des solutions de protection existent mais semblent être méconnues.
  • L’allumage des LED est instantané ce qui peut créer un pic d’intensité à grande échelle. L’absorption de cette pointe est un nouveau facteur à considérer dans le dimensionnement des réseaux.
  • Maintenance préventive des produits LED : quand ? Dany Joly (Nantes Métropole) rappelle que les produits LED ne sont pas immortels or personne n’apporte à ce jour d’informations quant à la planification des opérations de maintenances.
  • Les ballasts électroniques ne sont pas toujours perçus comme suffisamment fiables.

OLED

Peu de place accordée à la OLED dans les débats. Cette technologie peine à s’insérer sur le marché de l’éclairage de façon viable. Du fait de son coût de production élevé, elle ne trouve pour l’heure sa place que dans l’univers du luxe (luminaires décoratifs hauts de gamme produits en relativement petite série).

Aucune perspective immédiate pour une utilisation concrète de la OLED en éclairage extérieur.

 

NORMALISATION et QUALITÉ

Constats généraux :

  • la qualité des composants qui constituent les moteurs LED et les drivers s’améliore.
  • Prise de conscience que tous les produits ne se valent pas.

Produits

Seuls les acteurs sérieux sont aptes à proposer des produits qualitatifs. Attention aux apparences, une LED qui « brille » n’est pas nécessairement synonyme de qualité. Malgré les arguments commerciaux, le terme « LED » n’est pas un label de qualité. C’est un critère d’efficacité mais pas de qualité.

Aujourd’hui, il n’existe pas de volonté des pouvoirs publics de surveillance du marché d’un point de vue qualitatif (dont la qualité de la lumière émise par les produits). Seule leur sécurité électrique est prise en considération par les normes d’ordres électriques. Aucune norme n’existe au sujet de la qualité des luminaires.

Toutefois, la normalisation des luminaires LED se renforce pour contrer l’émergence sur le marché de produits non qualitatifs qui ne tiennent pas leurs promesses. À l’inverse du marquage ENEC qui doit devenir une référence orientant le choix des produits, le marquage déclaratif CE n’est pas un indicateur viable à considérer à ce niveau là pour le choix de produits.

De plus, l’établissement d’un nouveau label NF vise à sécuriser le marché sur les performances des luminaires.

Il est nécessaire que l’aspect qualitatif soit un critère systématique orientant la sélection des produits. La précision du type de marquage, certification et label à respecter doit par exemple entrer de façon volontariste dans la rédaction des appels d’offres. C’est le seul moyen pour sécuriser le marché en ce sens vu le désintérêt des pouvoirs publics.

Éclairagisme

L’éclairagisme est la clé. Tout projet d’éclairage – même s’il s’agit d’une « simple » rénovation – doit faire l’objet d’une étude d’éclairage. Les projets de rénovation ne font pas souvent appel à une étude or c’est une nécessité absolue pour exploiter les performances du luminaires de façon optimale.

La norme EN 13-201 est en cours de révision. Ses principales évolutions sont notamment :

  • Simplicité d’utilisation (simplification des classes et de la méthode de sélection).
  • Quantification de la quantité de lumière par des niveaux minimum et maximum à respecter adaptés aux usages de l’espace public.
  • Critères de performance énergétique.

 

FORMATION

Former, Rassurer, éduquer

La méconnaissance de la technologie est un frein à la généralisation des solutions LED et d’éclairages intelligents.

L’Ademe, l’AFE et le GIL (syndicat du luminaire) mettent en place un outil libre d’utilisation de calcul de coût global (calcul de ROI, retour sur investissement) : www.coutgloballuminaire.com (disponible début 2015). Le but étant de gagner en objectivité en comparant des coûts globaux sur des critères communs définis par des organismes officiels.

De nouvelles formations sur la technologie LED (technique, réglementation…) ainsi que l’édition de tests produits, de référentiels et de comparatifs se développent. Mis en place des organismes indépendants, ils visent à rassurer, guiderconseiller les maîtres d’ouvrages et les maîtres d’œuvres en leur apportant des critères objectifs.

10635971_945492555479381_1082673908095344806_nAperçu de l’une des nombreuses Tables rondes des Journées Nationales de la Lumière 2014. (Crédit image : AFE)

 

ÉCONOMIE

Marché français

La France excelle dans les 3 grands domaines suivants :

  • l’assemblage.
  • le développement hardware – software.
  • le design.

Pour Jean-Marc Vogel (Osram), l’association de ces 3 dynamiques fait la force de la France et de son savoir-faire.

Le président de l’AFE Michel Francony indique que les enjeux de la maîtrise de l’énergie associés à la transition énergétique, doivent permettre la compétitivité des entreprises, la maîtrise des dépenses publiques et le maintien du pouvoir d’achat des ménages.

La filière éclairage se spécialise par usages (intérieur commercial, intérieur tertiaire, extérieur résidentiel, extérieur mise en lumière, extérieur urbain…)

Environement et coût énergétique

Bruno Lafitte (Ademe) indique que l’éclairage public d’une commune de France métropolitaine représente aujourd’hui 18 % des consommations d’énergie (19 % du budget) et 42 % des consommations d’électricité (37 % du budget). Les consommations d’énergie par l’éclairage public ont baissé très légèrement depuis 2005.

Il rappelle que « la France s’est engagée en 2003 à diviser par 4 ses quantités de GES (Gaz à effet de serre) d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990, Bruno Lafitte a conclu que grâce aux évolutions technologiques (nouvelles lampes, ballasts, luminaires, télégestion, détection de présence, etc) et au potentiel d’acceptation de la population sur l’éclairage « juste » – comme et quand il faut – l’objectif était atteignable en éclairage public. « On prévoit de baisser la consommation de 41 % d’ici 2050 par rapport à 1990, ce qui équivaut à un facteur 4 en matière d’émissions de GES », a ainsi indiqué l’expert. 

Pour ce faire, l’Ademe met à disposition des communes des aides à l’investissement (30 à 50 % selon la réduction des consommations, uniquement pour les communes de moins de 2000 hab.), un outil de prédiagnostic en ligne « qui ne remplace pas un vrai diagnostic », […] des formations. » [1]

Stéphane Papin (responsable du service Voirie Éclairage Public, Saint-Nazaire) explique que les maîtres d’ouvrages doivent maîtriser. Une bonne gestion des dépenses doit permettre l’investissement.

Pénétration de la technologie LED

L’augmentation de la pénétration des solutions LED sur le marché Français et Européen est permise par :

  • Les solutions à valeur ajoutée (solutions qualitatives normalisées (IRC, T°K…)).
  • La formation.
  • L’augmentation du coût de l’énergie.

En France le coût de l’énergie est encore relativement faible, c’est un frein. À titre d’exemple, aujourd’hui la pénétration des LED au Japon s’élève à 60% (grandement accélérée par la crise nucléaire Japonaise ayant pour origine le violent tsunami de 2011).

De plus, calculer en TCO (Total Cost of Ownership – coût global d’exploitation) permet de mettre en avant les solutions LED. À l’inverse en France on continue à raisonner de façon fragmentée. On distingue les coûts d’investissement des coûts de fonctionnement etc. C’est un autre facteur défavorable.

Enfin, on note en France une frilosité des prescripteurs pour les solutions LED en éclairage public (manque d’éducation à la technologie ? Manque de sensibilisation ?)

En Allemagne, l’estimation du marché LED éclairage public est de 20% contre 10% en France. L’Allemagne a mis en place des formations pour les installateurs ce qui a favorisé la diffusion des systèmes de gestion notamment.

Au Royaume-Uni 80% des nouvelles installations d’éclairage se font en LED. Les fabricants ont retirés de leur catalogue la plupart des solutions d’éclairages conventionnels.

Nouveaux modèles économiques

L’endettement des communes est un frein à la pénétration des LED en éclairage public. Le budget des collectivités est incertain. Les communes ont des difficultés de solvabilité. De nouveaux modèles économiques sont donc à diffuser pour accélérer le processus de rénovation de l’éclairage public.

Le Leasing ou LOA (Location avec Option d’Achat) sont des solutions inexploitées en éclairage extérieur mais qui semblent pourtant être une solution économique. L’idée est simple : payer en fonction du temps d’utilisation et de la quantité de lumière désirée (idée du « Pay per lux », payer au lux). Il y a toutefois un frein découlant du Code des Marchés Publics. Les collectivités composent avec deux budgets : le premier de fonctionnement, le second d’investissement (qui lui donne lieu au FCTVA (Fonds de Compensation de la Taxe sur la Valeur Ajoutée)). La LOA entre dans le cadre du budget de fonctionnement ce qui est défavorable puisque les collectivités tendent à réaliser des économies sur ce budget.

Par exemple, EDF précise qu’il a des offres de financement.

Ambiances lumineuses et retombées économiques

Si l’éclairage et la mises en lumière de la ville génèrent des retombées économiques, celles-ci ne sont toujours pas chiffrées (hormis peut-être pour les événements lumières de type Fête des Lumières à Lyon, Chartres en Lumière…). La cause est l’absence d’étude se basant sur une méthodologie précise prenant en compte l’ensemble des acteurs et usagers de la ville (transport, commerce, industrie, services etc…). Seuls quelques éléments permettent de démontrer que la lumière influe sur la fréquentation des espaces publics.

L’éclairage urbain doit être pensé dans une logique répondant aux enjeux et principes de l’économie nocturne (travail de nuit, commerce, univers festif et culturel, tourisme urbain, promenades nocturnes…). Vecteur de notoriété internationale, d’emplois et de richesses, l’économie nocturne est pourtant sous-estimée et sous-exploitée en France.

 

MOBILIER D’ÉCLAIRAGE

Design produit et éclairage public

Pour Marc Aurel (designer), la conception du mobilier urbain – et plus particulièrement d’éclairage – est dictée par la considération de son impact dans l’environnement en tenant compte de 3 regards correspondants à 3 niveaux d’échelles :

  • À l’échelle de l’individu (de l’usager).
  • À l’échelle de la rue.
  • À l’échelle de la ville.

Le designer met l’accent sur le fait qu’il aime travailler le matériau. C’est pour lui une des portes d’entrées de la conception. Il travaille avec les artisans avant les industriels car il considère l’artisanat comme un formidable «  laboratoire pour l’innovation. » Les industriels n’ont pas cette force puisqu’ils manquent de souplesse pour mener à bien ce genre de réflexion et d’expérimentation. De plus, ils n’ont pas un rapport privilégié – pour ne pas dire intimiste – au matériau.

Marc Aurel précise que l’objectif du designer est de « concilier l’approche empathique de celles très techniques et pragmatiques du fabricant. »

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Nantes, mobilier d’éclairage de la ligne 4 de « Busway », station Greneraie.

 

Les atouts du designer sont :

  • La créativité.
  • La compréhension des enjeux de l’aménagement urbain.
  • La compréhension des contraintes du fabricant et des techniques de la technologie.

La durée de développement d’un produit est de plus de 2 ans.

Agnès Jullian (Technilum) décrit les 3 approches qui dictent la conception d’un produit pour le fabricant :

  • Approche projet : produits spécifiques conçus pour un projet puis devenant des produits catalogues.
  • Approche projet : produits « custom-made » conçu pour un projet particulier dans l’esprit d’un lieu.
  • Approche produit : création de gammes (produits catalogues).

 

« Quand les objets sont réussis ils deviennent classiques, […] ils se reproduisent. »

« Plus les objets sont beaux, plus ils sont respectés »

Agnès Jullian (Technilum)

 

Pourtant nous sommes face à un constat : les produits ont de moins en moins une esthétique forte et singulière, ils se ressemblent tous. Par exemple, la majorité des luminaires fonctionnels LED (les « raquettes LED ») ont une esthétique de plus en plus similaire.

Selon Marc Aurel les produits sont souvent mis de côté par « peur de l’objet. » On doit néanmoins investir dans le mobilier. Il est durable, nécessaire et n’est pourtant pas un poste de dépense important rapporté au coût global d’un projet d’aménagement urbain. C’est pourtant lui qui en sera l’un des principaux éléments visibles. Si pour Haussmann le mobilier urbain participait pleinement à l’embellissement de la ville, depuis les années 70 on assiste globalement à la perte de cette notion de « décor de la ville. »

Élément récurent dans l’espace public, le mobilier d’éclairage a un impact fort sur l’environnement. Le produit est une interface entre la ville et nous. Il mérite donc d’être soigné, réfléchi en terme d’usage et d’implantation, d’avoir une esthétique cohérente au service de sa, de ses fonctions. Le mobilier signe la ville.

Les luminaires d’éclairage public sont de plus en plus hybrides. Si auparavant un luminaire répondait à une fonction, il en remplit désormais plusieurs, de l’éclairage fonctionnel à l’éclairage d’ambiance. Les produits d’éclairage sont accessoirisables, personnalisables, customisables, connectables.

On tend à parler d’éclairage urbain plutôt que de dissocier l’éclairage fonctionnel de celui d’ambiance, résidentiel etc. Une même gamme peut répondre à l’ensemble de ces usages.

nantes_nuit_eclairage_publicNantes de nuit. (crédit image : Didier Robcis photographe – www.rob6.fr)

 

CONCEPTION LUMIÈRE

Métier

Marc Dumas (concepteur lumière, président de l’ACE, Association des Concepteurs Lumières et Éclairagistes) rappelle que le manque de formations diplômantes reconnues par l’État est à l’origine de la non reconnaissance officielle du métier de Concepteur Lumière.

 

« La lumière est l’expression du temps et du mouvement. »

Charles Vicarini (concepteur lumière)

 

Expression du temps et du mouvement, la lumière est pourtant indissociable de l’ombre. Charles Vicarini explique que la mission du concepteur lumière est de travailler l’association de ces deux éléments.

Sylvie Sieg (conceptrice lumière) met en avant l’idée que le concepteur lumière a un rôle de conseiller. Aussi sa force est d’établir un lien, une interface entre l’ensemble des partis : maître d’ouvrage, maître d’oeuvre, population.

Méthode et approche

Des questionnements doivent venir en préambule du dimensionnement d’un projet d’éclairage. Ils sont définis avec le maître d’ouvrage.

  • Que veut-on faire ? Que veut-on communiquer ?
  • Quoi éclairer ?
  • Quand ?
  • Avec quelles quantités ?
  • Comment ?

Dany Joly rappelle qu’il ne faut pas perdre de vue que l’éclairage représente l’image de la ville et qu’il manque souvent de « sens » dans un projet de mise en lumière.

 

« Quelque chose coule de source quand l’association de la lumière avec l’aménagement et l’architecture se fait de façon naturelle. »

Virginie Vouée (conceptrice lumière)

 

À la question « faut-il éteindre la lumière ? » la conceptrice répond que l’on agit toujours de façon extrême (auparavant trop éclairer, maintenant tout éteindre), pourtant « tout n’est est qu’une histoire de dosage. »

Par ailleurs, une remarque émise concerne un principe d’aménagement trop souvent non considéré qui peut desservir un projet lumière. En ce qui concerne les espaces publics qui bénéficient de niveaux d’éclairements moyens réajustés (et donc abaissés), les zones transitoires avec l’espace public non rénové doivent être traitées de façon maîtrisées. L’usager ne percevra pas de façon positive le passage sans doute brutal de niveaux d’éclairements élevés à des niveaux plus faibles. Ce mauvais dosage lui fera préférer – à tort – l’espace sur-éclairé. La principale raison étant que sa bonne perception de l’environnement est faussée par le temps d’accommodation visuelle. Ainsi, idéalement l’usager doit être « noyé, immergé » dans une ambiance cohérente sans pouvoir la comparer avec l’environnement immédiat.

Tendances

Tendances phares en conception d’éclairage :

  • La lumière pour révéler l’obscurité.
  • Préserver l’obscurité : doser la lumière au plus juste.
  • Révéler/concevoir/faire émerger des « trames noires. »
  • Tisser des trames de lumières pour relier, connecter les polarités, les centralités. La lumière doit s’accorder des PDU (plans de déplacements urbains).
  • L’éclairage doit être organisé et planifié à l’échelle de l’agglomération et de l’aire urbaine.
  • Créer des transitions entre les zones d’ombres et de lumière.
  • Créer des parcours nocturnes.
  • Lumière sociale et participative : consulter, engager. La population devient un acteur, un moteur.
  • Lumière humaine : répondre au besoin de ré-humanisation des espaces publics.
  • Vulgariser la lumière auprès des acteurs, des élus, de la population.

Auparavent « sodiumisé, » on assiste aujourd’hui à une « blanchisation » de l’espace public. Il faut travailler la lumière en jouant sur les teintes de blanc, apporter de la couleur et créer des contrastes pour structurer la ville, révéler ses différences, l’animer et la marquer de points de repères. La ville ne doit pas simplement être éclairée d’un beau blanc qui pourrait devenir conventionnel, uniforme, sans caractère, ne reflétant pas l’âme de la ville.

Yves Steff (architecte urbaniste) à propos du réaménagement de la Place Graslin à Nantes : introduire de la symbolique dans l’espace public.

 

« Il faut enfin assurer une qualité de l’éclairage à la hauteur des besoins et des attentes des français. »

Michel Francony (président de l’AFE)

 


[1] D’après l’article « Éclairage public : quoi de neuf ? » – <lien: http://www.lagazettedescommunes.com/275477/eclairage-public-quoi-de-neuf/> – Frédéric Ville, La Gazette des Communes, Article publié le 29/09/2014 – Mis à jour le 26/09/2014.

2 commentaires

  1. Cazé Dominique

    L’allumage et l’extinction e l’éclairage public sont partout basés sur des capteurs de luminosité mal réglés. Le résultat est un éclairage inutile alors qu’il fait encore (ou déjà ) jour.
    Ne pourrait-on pas simplement se baser sur une horloge et un calendrier ?
    La technologie LoRa de la société Actility permet de centraliser la commande à l’échelle d’une ville.
    On pourrait aisément gagner 1,5 heure d’éclairage par jour !

    Les lampadaires « boules » éclairent davantage le ciel que le sol.
    Il faut les interdire.

    • Bonjour,
      Autre solution devenue conventionnelle : le remplacement des cellules photoélectriques par des horloges astronomiques. L’allumage et l’extinction s’effectue en fonction de l’horaire « officiel » de coucher et de lever du soleil.

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