Tchernobyl : les lumières de Prypiat se sont rallumées

En Ukraine un groupe d’urbex polonais est entré dans la zone d’exclusion interdite de Tchernobyl pour rallumer la ville abandonnée de Prypiat. Elle a retrouvé ses lumières quelques instants éphémères.

Mettre en lumière la mémoire

« C’est une question de vie ou de mort. La ville était morte, et nous voulions lui redonner vie. »

Krystian Machnik

Prypiat est en effet baignée d’une obscurité lourde et pesante suite à son évacuation à la hâte le 27 avril 1986, au lendemain de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Les explorateurs Krystian Machnik et Adam Bojanowski ont souhaité alimenter en énergie les sources d’éclairage de la ville endormie. Ils ont été les premiers à y parvenir.

Plus de 30 ans après cette extinction subite et subie, c’est au moyen d’un groupe électrogène que les deux jeunes hommes ont réussi à faire fonctionner à nouveau quelques luminaires et enseignes de la ville. La difficulté aura été pour eux de trouver des luminaires fonctionnels et non détruits ou volés.

Le film qu’ils ont réalisé est le récit des 4 expéditions qu’ils ont mené pour parvenir à rallumer les lumières de Prypiat. Il explique la démarche et l’histoire de chaque lieux qui ont retrouvé la lumière.
(vidéo disponible avec sous-titrage en anglais ou traduction automatique en français.)

Face à une école au Nord de la ville ils ont rallumés 2 luminaires d’éclairage public. Il aura fallu du temps, environ 5 minutes, pour que les lampes à décharge à vapeur de mercure retrouvent leur pleine intensité.

Eclairage de deux luminaires face à une école de Prypiat en Ukraine. Ils sont munis d’une lampe à vapeur de mercure.
Eclairage résidentiel équipé d’une lampe à décharge sodium haute pression.

Ailleurs ce sont les tubes néon d’enseignes qui ont scintillé. Chaque bâtiment communautaire et administratif (écoles, hôpitaux, gymnases, cirques, administrations…) possédait la sienne. Elles étaient installées sur les toits terrasses. Le style typographique avec lettres en italique et en gras est typique de ces années là.

Enseigne lumineuse avec des tubes néon installée sur le toit d’un bâtiment de Prypiat.

Les tubes néon et les lampes à décharges alors équipés de ballasts ferromagnétiques voient leur capacité de fonctionnement traverser le temps ce qui leur permet d’éclairer à nouveau. Cela serait difficilement imaginable avec l’électronique embarquée actuelle bien plus sensible aux assauts du temps et pour lesquels une alimentation électrique stable est nécessaire.

Tubes néon avec cathodes froides pour l’éclairage d’une enseigne lumineuse à Prypiat.

Nous sommes bien loin des performances initiales et des teintes de lumière originelles. Ce résultat renforce toutefois l’atmosphère particulière qui se dégage de ces lieux.

Par cette action insolite le groupe d’urbex Napromieniowani est ainsi parvenu un court instant à ramener à la vie cette cité à jamais endormie. De quoi symboliquement mettre en lumière l’incroyable tragédie qui s’y est déroulée.

Enseigne lumineuse à Prypiat. En arrière plan le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl.

Aller plus loin…

  • L’urbex est une activité d’exploration urbaine qui consiste à visiter des lieux construits et abandonnés par l’homme, ou interdits au public.
  • Prypiat (ou Pripiat) est la ville fondée en 1970 située à proximité de la centrale de Tchernobyl en Ukraine. Elle hébergeait les travailleurs de la centrale. Elle était alors considérée comme une « ville modèle » de l’architecture soviétique.
  • Napromieniowani.pl
  • Tchernobyl et son éclairage public contaminé, retour plus de 30 ans après.

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